- Histoire du prieuré.
« A droite du champ de course, magnifique demeure de la fin du 15e siècle, le « prieuré d´Hacquenouville », comme on l´appelle encore dans la commune. Le temps et les embruns l´ont patiné d´un vieil argent très décoratif. Ses murs, heureux assemblage de grès et de silex, constituaient au 17e siècle une agréable maison de campagne pour les Pères Jésuites de Dieppe. Certains historiens affirment que cette bâtisse a été élevée sur l´emplacement d´une ancienne place forte qui s´étendait bien au-delà de la « route d´Arques ». Elle eut un caractère militaire avant de devenir un lieu monastique. Elle devint la propriété d´une famille anglaise avant d´être acquise par les Delvincourt. Le célèbre musicien Claude Delvincourt y habita jusqu´à sa mort en 1954. Le bâtiment est la mairie de la commune depuis la fin de l´année 1980. On remarquera l´importance accordée aux ouvertures ovales de la façade.»
FERON, Claude. En flânant autour de Dieppe. Connaissance de Dieppe, juillet 1985, n°8, p. 11 à 17.
- « Ouverture en direction de Dieppe. Le symbole en fut la décision prise par les membres de la Compagnie de Jésus, plus connus sous le nom de jésuites, qui s'étaient installés à Dieppe en 1619 pour y fonder un collège, d'acquérir des biens hors de la ville. Leur choix se porta en 1692 sur l'austère manoir de Bouteilles. Son origine est mal connue. Cette demeure en grès et silex [...] fut sans doute bâtie pour la famille d'Hacquenouville dont l'un des plus illustres membres fut Roger d'Hacquenouville, chambellan du roi de France Charles VI au début du XVe siècle. [...] Les jésuites y demeurèrent jusqu'en 1762. »
MOLKHOU, Pierre. Rouxmesnil-Bouteilles : La Mémoire en Partage. Editions "Histoire et Municipalités", 2006. 32 pages, p. 10-11.
- Biographie de Claude Delvincourt.
« Fils d'un diplomate, Pierre Delvincourt et de Marguerite Fourès, Claude Delvincourt, né à Paris le 12 janvier 1888 et mort le 5 avril 1954 d'un accident d'auto survenu sur une route d'Orbetello (province de Grosseto, en Italie), est un pianiste et compositeur français. Sa vocation s'éveille de bonne heure auprès d'une mère fort bonne pianiste. Il a pour maître Léon Boëllmann, un ami de la famille puis Henri Büsser alors jeune prix de Rome. Il manifeste le désir de devenir compositeur mais son père souhaite qu'il prépare, d'abord, le concours de Polytechnique. Bachelier ès-lettres et ès sciences-mathématiques, il entre, malgré tout, au Conservatoire à 20 ans. Il devient l'élève de Georges Caussade et de Charles-Marie Widor. En 1910, il obtient le Second Premier Prix de Rome derrière Paul Paray. Il faut attendre 1913 où on lui décerne le Prix pour sa cantate Hélène, l'autre Grand Prix est attribué, cette année-là, à Lili Boulanger.
Au lendemain de la déclaration de guerre, le 10 août 1914, il s'engage dans l'armée et se bat héroïquement. Le 31 décembre 1915, il est grièvement blessé en Argonne et perd l'usage de son oeil gauche. Il faut attendre plus de deux ans la guérison. Sa longue convalescence se passe dans la région de Dieppe où il sympathise avec le curé de la paroisse Saint-Jacques. En juillet 1926, il prend le poste d'organiste de cette église et voit la reconstruction en 1929, par Victor Gonzalès, de l'orgue.
En 1918, il se remet à composer : six poèmes de Maurice d'Assier et un Ave Verum pour soli, choeur, quintette à cordes, orgue. Son Offrande à Siva, poème symphonique est une oeuvre originale aux couleurs vives tout comme Ce monde de Rosées, un recueil de 14 anciens uta japonais. Le Bal Vénitien, créé par Straram en 1930, est une suite de cinq danses.
Il écrit pour les voix avec Aurore (Victor Hugo) et Nuit triomphante (Paul Colin). La Source, sur des poèmes de Leconte de Lisle lui vaut en 1912 la première place au concours d'essai du Prix de Rome. En 1926, Boccaceries, cinq pièces pour piano qui seront orchestrées peu avant sa mort. En 1931, il compose Croquembouches, un recueil de 12 pièces pour piano, Heures Juvéniles, Images pour les Contes du Temps Passé (à quatre mains).
Le 8 décembre 1935, les Concerts Colonne donnent la première audition de Pamir, suite d'orchestre où l'on retrouve l'essentiel de la musique écrite pour le film La Croisière Jaune. Il a également composé six chansons de la Ville et des Champs d'après des airs populaires du XVIIIe siècle, cinq mélodies sur des poèmes de René Chalupt, Oncte, quatre chansons de Clément Marot. Il compose de la musique de chambre : les Danceries, cinq pièces (1935), Basquaise et Louisiane.
En décembre 1938, le Théâtre Montansier de Versailles représente un opéra-bouffe sur un livret d'André de la Tourasse, La Femme à Barbe que l'Opéra-Comique reprend en octobre 1954. Lucifer, mystère en un prologue et trois épisodes sur un texte de René Dumesnil inspiré librement du Caïn de Byron est créé le 15 décembre 1948 à l'Opéra. Cet opéra est caractérisé par l'emploi dans la fosse d'un quatuor vocal tenant lieu de récitant et par les choeurs placés de chaque côté de l'orchestre dans les avant-scènes du rez-de-chaussée et du premier étage. Il faut encore mentionner la musique de scène d'Oedipe-Roi dans l'adaptation de Gabriel Boissy (Orange : 1939), la musique de scène du Bourgeois Gentilhomme, la charmante Radio-Sérénade écrite dans la classe de Widor. En 1947, il rajoute à son Ave Verum écrit en 1921 trois autres motets (Ave Maria, Tu es Petrus et un Tantum ergo) donnés en première audition le 4 mars 1951 aux Concerts Lamoureux.
À sa mort, il a laissé inachevé un concerto pour piano. Il succède à Henri Rabaud au Conservatoire. Il parvient pendant l'occupation à soustraire ses élèves au service obligatoire du travail en Allemagne. Il forme l'orchestre des Cadets du Conservatoire. À la fin de 1944, les Allemands s'aperçoivent de la supercherie. Il gagne du temps, aide à cacher les plus menacés et c'est bientôt lui qui doit disparaître jusqu'à la Libération. Dès 1953, il institue un cours obligatoire de culture générale pour tous les élèves du Conservatoire afin de sortir le musicien de son isolement.
Le Quatuor à cordes est le dernier ouvrage qu'il a achevé et c'est en se rendant à Rome pour la première audition qu'il a été victime de l'accident qui lui coûta la vie. « J'ai voulu que ce quatuor fût une musique entièrement gratuite ; je ne veux pas être prisonnier d'aucun système, d'aucune doctrine, et je me suis gardé de me laisser envahir par une préoccupation littéraire.»
Source : biographie extraite de la page Internet : http : //fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Delvincourt.
|